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Interview | Anastasia Heinzl (promo 2011)

À sa sortie du CEEA, Anastasia Heinzl a fait un stage de conseillère artistique chez TFOU, qui lui a permis d’enchaîner sur de la coordination d’écriture chez Studio 100. Elle s’est ensuite envolée lire la suite

À sa sortie du CEEA, Anastasia Heinzl a fait un stage de conseillère artistique chez TFOU, qui lui a permis d’enchaîner sur de la coordination d’écriture chez Studio 100. Elle s’est ensuite envolée pour la Finlande pour diriger l’écriture de la série « ANGRY BIRDS TOONS ». A son retour en France, elle a beaucoup écrit en animation (« OGGY ET LES CAFARDS », « IDÉFIX ET LES IRRÉDUCTIBLES »…) et fait un passage par Animation sans Frontières (un incubateur européen de projets d’animation). Récemment, elle a participé à l’écriture d’une des premières séries françaises Disney+, en live action, « PARALLÈLES ».

  • Que retiens-tu de tes études au CEEA ?

Ça a été une période très intense, pas évidente, mais enrichissante tant sur le plan de l’enseignement qu’humainement. Les professeurs m’ont aidée à découvrir mon univers. C’est aussi l’école qui m’a mis le pied à l’étrier, en me permettant de faire un stage chez TF1.

  • Comment s’est fait le passage de la série d’animation à la série fiction ?

Je commençais à avoir envie d’écrire des séries feuilletonnantes et d’aborder des sujets ados ou adultes. J’ai ralenti un peu sur l’animation et commencé à développer des projets personnels en live. Puis des producteurs et des scénaristes, notamment Stéphane Kaminka et Quoc Dang Tran, m’ont contactée pour des projets de fiction, justement parce que je venais de l’animation – un répertoire où on doit être force de propositions et très visuel.

  • Tu as écrit une centaine d’épisodes de séries d’animation. Y-a-t-il des points communs et des différences entre l’écriture des projets d’animation et de fiction ?

Certains professionnels de la fiction TV considèrent que les auteurs d’animation ne savent pas écrire d’histoires sophistiquées et adultes, à tort. La différence principale avec la fiction, c’est que la plupart des épisodes de séries d’animation étant bouclés, la caractérisation et la relation entre les personnages n’évolue pas au fur et à mesure des épisodes. Ce qui ne veut pas dire pour autant « simplisme » et « personnage unidimensionnel ». Le public enfantin est très exigeant et ne pardonne aucune erreur de logique, de structure ou de caractérisation !
En passant à la fiction, j’ai surtout dû réapprendre à penser en termes d’arches et de grands mouvements. Il y a des ajustements à faire, bien sûr, mais quand on est bien accompagné, on prend vite le coup de main.

  • Tu as co-écrit « PARALLÈLES » (6x45’) pour Disney +, et « VERTICAL » (6x52’) pour Netflix. Peux-tu nous en dire plus sur ces deux projets de séries ? Comment sont-ils nés ?

Quoc Dang Tran, qui a créé « PARALLÈLES », portait ce projet de série depuis longtemps et il avait déjà écrit le pilote. Il avait une idée très précise de ce qu’il voulait raconter. Je suis arrivée pour co-écrire avec lui les arches puis les dialogués des 5 épisodes restants. C’était un challenge de tricoter les intrigues entremêlant des dimensions parallèles et de faire de la SF française. Mais c’était génial d’écrire du genre, surtout avec Quoc, et nos producteurs, Empreinte Digitale, étaient hyper bienveillants.
Pour « VERTICAL » nous avons développé une bible avec Sabine Dabadie (promo 2013) pendant trois mois, sous la houlette de Quoc pour Empreinte Digitale et Daïmon, dans le cadre d’un atelier de développement de séries pour Netflix. Le projet n’a finalement pas abouti mais c’était une super expérience.

  • Les problématiques changent-elle lorsqu’on écrit pour une plateforme de SVOD ou un diffuseur ?

Du peu que j’en ai vu, on arrive à un moment charnière. Les plateformes cherchent du contenu live français mais qui a vocation à être diffusé à l’international. Donc les problématiques pour les scénaristes de fiction deviennent les mêmes qu’en animation (où la coproduction internationale est la norme, qu’on écrive pour un diffuseur ou une plateforme) : d’abord, il y a plus d’enjeux financiers, donc une pression accrue sur l’écriture, avec parfois plus d’interlocuteurs. Mais aussi une demande d’approche éditoriale parfois plus anglosaxonne. Enfin, il vaut mieux parler anglais car les maisons mères des plateformes sont à Londres, Amsterdam ou aux US et on est amené à échanger avec eux.

  • Raconte-nous ton expérience en tant que directrice d’écriture en anglais sur la série d’animation « BIONIC MAX ». Tu écrivais en anglais ?

Of course (pardon c’était nul) ! J’avais déjà fait de la direction d’écriture en anglais sur « ANGRY BIRDS TOONS » avec des auteurs britanniques. Sur « BIONIC MAX », je suis arrivée comme scénariste, via deux directeurs d’écriture américains, Robert Vargas et Reid Harrisson. Les autres auteurs de la room étaient principalement des Anglosaxons basés à Paris. J’ai repris la suite des directeurs d’écriture et j’ai fini les textes en cours en anglais.

  • Peux-tu nous parler de tes futurs projets ?

Le long-métrage « FAKE NEWS », co-écrit avec Mathieu Sapin, Noé Debré et Emmanuel Poulain-Arnaud et produit par Pyramide Production, est en lecture chez les distributeurs. Quant à « LA QUETE D’EWILAN », une saga adaptée de l’œuvre de Pierre Bottero et produit par Andarta Pictures, c’est en développement chez France TV. Nous ne travaillons plus dessus avec Alexandre Manneville. J’écris actuellement un téléfilm d’action pour TF1 avec Tigran Rosine et des projets personnels dont une série fantastique en coproduction avec la Finlande... Mais je fais aussi toujours de l’animation, chère à mon cœur !